L’aiguille Dibona : objectif 2/7 réalisé !

L’aiguille Dibona : objectif 2/7 réalisé !

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En octobre 2017 j’ai réalisé un des 7 sommets mythiques des Alpes que je m’étais fixé en objectif à la création de ce blog : l’Aguille Dibona ! Si vous ne vous rappelez pas des 6 autres sommets que j’avais choisi de faire en un an vous pouvez les voir en cliquant ici. Nous avons gravi la Dibona en passant par la voie normale car les autres voies étaient un peu trop ambitieuses par rapport à notre niveau d’escalade de l’époque. C’est une course côtée PD (Peu Difficile vous pouvez retrouver les différentes cotations sur CamptoCamp en suivant ce lien) car ne dépassant pas le 3b en escalade.

Cependant attention : cette course est plutôt vertigineuse et elle nécessite de poser son propre équipement à plusieurs endroits c’est-à-dire qu’elle n’est pas toujours équipée de spits (anneaux ancrés dans la roche). Il est donc souvent nécessaire de poser ses propres coinceurs ou friends (coinceurs à cames). La difficulté ne vient donc pas du niveau d’escalade requis mais plus de l’environnement qui peut être déroutant pour un grimpeur de voies “classiques”.

Vous pouvez voir le topo de la voie normale en cliquant ici.

L'Aiguille Dibona

Compte rendu

L’approche et un peu d’histoire

La marche d'approche de la Dibona

Si vous souhaitez faire comme nous la course à la journée, il vous faudra marcher depuis le parking des Etages dans la vallée du Vénéon jusqu’au refuge du Soreiller pour ensuite atteindre le début de la course. Cette longue marche d’approche de 1400m de dénivelé peut être faite en deux jours en dormant au refuge (ce qui permet de faire plusieurs voies à la journée ou de rentrer plus tôt à la voiture).

La marche d'approche de la Dibona (2)

Malgré la longueur de cette marche d’approche, celle-ci reste magnifique en été ou à l’automne et c’était l’occasion pour moi de découvrir les Écrins sous un angle différent. 

La Dibona tient son nom de Angelo Dibona, un alpiniste et guide de haute montagne qui fut l’un des pionniers de l’escalade de difficulté avant la première guerre mondiale et notamment un des premiers à utiliser les pitons. La légende dit qu’il en aurait utilisé 15 dans toute sa carrière “six à la face nord de la pointe Laliderer, deux au Croz dell’ Altissimo, un à la Cima Una, et les autres dans d’autres escalades difficiles”. Autant dire que c’était pas un rigolo le type… Si vous commencez l’alpinisme évitez de faire le concours de celui qui utilise le moins de matériel, ça risquerait de mal finir. 

L’ascension

La face Nord de l'Aiguille Dibona

Une fois le refuge passé il faut contourner l’aiguille majestueuse par l’ouest pour atteindre l’arrière et commencer la voie normale.

On atteint la base de la voie par une traversée facile sous les clochetons Gunneng mais qu’il est tout de même nécessaire de protéger si vous n’êtes pas très habitué au vide. Cette traversée met déjà dans l’ambiance et si vous ne vous sentez pas à l’aise, pas la peine d’aller plus loin. Il vaut toujours mieux faire demi-tour que de s’engager dans un passage que vous ne sentez pas. 

Une fois cette première petite traversée réalisée, vous arrivez en bas de l’arête. Il faut ensuite grimper sur deux longueurs. Il est assez facile de protéger les passages qu’on pourrait trouver délicats grâce à des sangles ou quelques coinceurs. Chaque longueur est bien équipée grâce aux relais qu’on trouve au milieu de la voie et en haut. Il faut noter que l’aiguille Dibona se fait le plus souvent par l’autre côté (côté Sud) et donc que la voie normale est utilisée pour descendre par ceux qui sont passé par le Sud. Et étant donné que Madame Dibona est très convoitée, vous pouvez vous retrouver assez rapidement dans des embouteillages (plus fréquent à la descente qu’à la montée). 

Le sommet

Le sommet de l'aiguille Dibona

Arrivé au sommet, il faut se faire une petite place parmi les cordes et cordées qui elles aussi veulent profiter de la vue. Mais ça en vaut la peine !

La descente

La descente se fait par le même côté (Nord) en tirant deux rappels de 25m ou un rappel de 50m. La seule difficulté de ce passage consiste à ne pas se laisser emporter par la pente côté Est et bien rester sur l’arête pour descendre dans l’axe et ne pas avoir à se balancer pour récupérer le chemin. Il faut également faire attention à ne pas bloquer la corde. La pente n’étant pas très prononcée, il n’est pas évident de lancer la corde suffisamment loin pour qu’elle ne se coince pas dans les rochers. Avec deux brins de 50m, on arrive pile poile en bas. 

La nuit tombe assez vite quand on est en octobre et qu’on a fait la course à la journée (encore plus quand on est peu expérimenté et qu’on met 40 ans à faire un rappel…). Donc prévoyez large ! Par contre le coucher de soleil sur les montages est un cadeau dont on aurait eu tort de se passer ! 

Nous avons donc fini la descente de nuit à la frontale. D’où l’importance de toujours en avoir une dans son sac avec des piles de rechange ! 

Bilan pratique

Conditions et équipement de la voie

La voie normale de l’aiguille Dibona est une course sans grande difficulté. Elle nécessite des connaissance de base d’alpinisme (qui sont décrites dans le guide que j’ai concocté spécialement pour vous 😉 ) et un niveau d’escalade d’environ 5C pour se sentir à l’aise. Il faut en effet compter 2 niveau de plus environ entre votre niveau d’escalade en salle ou en falaise et votre niveau en alpinisme et terrain d’aventure (c’est à dire une voie non équipée). En effet l’altitude, le sac lourd, le vide et les points d’assurage pas toujours fiables sont autant de raison d’être “large” quant au niveau d’escalade.

C’est une course qui est bien équipée (deux relais solides) et facile à protéger avec quelques sangles et des friends. Il y a de bonnes fissures et le rocher est globalement bon.

Comme pour le Mont Aiguille, c’est une course très prisée. Vous trouverez assez peu de monde qui montent par la voie normale mais par contre tout le monde descend par là. Donc si vous voulez être un peu tranquille et si vous en avez l’occasion, essayez d’y aller en semaine ou tôt le matin. 

Technique

Assurage et protection: Il faut savoir poser un becquet et des coinceurs. Même si l’escalade n’est pas difficile, la course est vertigineuse et les points d’assurages sont rassurants.

Niveau d’escalade : Comme dit plus haut, 5C en tête en condition falaise ou salle me paraît être un niveau minimum pour réaliser cette course. La cotation est de 3b maximum (ce qui paraît ridicule) mais il faut toujours être prudent quant aux cotations des courses d’alpinisme car encore une fois, l’altitude, la fatigue, le sac lourd ainsi que le vide sont autant de difficultés supplémentaires qu’il faut savoir gérer en plus de l’escalade. 

Descente : La seule difficulté du rappel consistera à ne pas se laisser “emporter” par la pente naturelle côté Est et bien suivre le fil de l’arête Nord. Deux brins de 50m (corde à double) sont suffisants. 

Chaussures : Nous avons mis les chaussons d’escalade pour être à l’aise mais si vous avez un bon niveau les chaussures d’alpinisme seront suffisantes (attention à ne pas confondre avec les chaussures de randonnées qui sont plus souples et qui ne sont pas adaptées à l’escalade).

Bilan de la course

L’Aiguille Dibona est une course splendide mais trop courte par la voie normale ! C’est une montagne vraiment magnifique par sa forme et arriver au sommet est un instant magique. Cependant la voie normale est vraiment courte (deux longueurs de 25 m) et faire 1500 m de dénivelé pour 100 m d’alpinisme est un peu frustrant. C’est pourquoi faire une des voies de la face Sud paraît plus intéressant mais aussi plus dur (vous trouverez difficilement des voies en dessous du 5b). Je vous recommande donc vivement de faire cette course et si votre niveau d’escalade vous le permet d’opter pour une nuit au refuge du Soreiller avec deux jours de grimpe sur un WE par exemple. 

Sources :
https://www.camptocamp.org/routes/54424/fr/aiguille-dibona-arete-n-voie-normale
https://www.camptocamp.org/waypoints/39006/fr/aiguille-dibona

 

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2 réactions au sujet de « L’aiguille Dibona : objectif 2/7 réalisé ! »

  1. Pour une voie un peu plus longue sur la Dibona, touten restant très facile, je conseille d’attaquer par la voie des nains (qui rejoint la voie normale au niveau de la traversée).

     

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