Les 6 pièges de l’inconscient qui vous mettent en DANGER en montagne – Partie 1

Les 6 pièges de l’inconscient qui vous mettent en DANGER en montagne – Partie 1

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En montagne et plus particulièrement en alpinisme notre cerveau nous joue des tours quand il s’agit de prendre les bonnes décisions. Ian McCammon un chercheur américain a étudié les pièges de l’inconscient qui sévissent particulièrement en montagne. Émilie des Dirtbags nous explique aujourd’hui en quoi ces pièges de l’inconscient consistent et comment les éviter.

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SOMMAIRE :
00:00 Intro
02:45 : Le facteur humain c’est quoi ?
06:01 : Le biais d’immunité à l’erreur
07:31 : Les biais de Ian McCammon spécifiques à la montagne
09:34 : L’habitude
10:19 : L’obstination
11:38 : Le désir de séduction
13:32 : L’aura de l’expert
16:04 : Le positionnement social
17:28 : La sensation de rareté
18:41 : Quelle solution ?

Sources :
https://www.anena.org/7059-avalanches-et-prises-de-decision-les-raccourcis-qui-tuent.htm

Transcription texte de la vidéo

Introduction par Thomas

Nous avons décidé de tourner cette vidéo suite à la vidéo sur le brief/débrief avec Guillaume qui travaille avec toi sur Les Dirtbags. Quand on a commencé à parler du facteur humain en alpi, on a vu que c’était un vaste sujet qui méritait une vidéo à lui tout seul. Mais avant de nous parler de ça Question 1 : Tu est la co-fondatrice de la maison d’édition Les Dirtbags, peux tu nous en dire un peu plus ?

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Les Dirtbags c’est une jeune maison d’édition installée en Savoie. A ce jour on publie des Carnets Montagne, ce sont des carnets pour garder une trace de ses sorties, ça fonctionne un peu comme le journal de bord d’un navigateur mais adapté à la montagne. On a une version pour adulte (l’alpinisme, au ski de rando et à l’escalade) et une pour enfant pour la découverte de la rando en famille. 

On est encore une jeune maison d’édition mais elle se développe et on a en préparation d’autres livres pour 2021. On travaille  actuellement sur des bouquins qui invitent à faire des pas de côté et à essayer de ne pas tomber dans une “consommation” de la montagne : 

  • des topos qui sortent des voies classiques, permettre l’accès à des massifs et des voies moins connues. La surfréquentation de certains itinéraires est un vrai problème, je ne vais pas m’étaler la dessus. Pour nous un bon moyen de contribuer à éviter cette surfréquentation c’est aussi via le topo qui est à mes yeux une carte aux trésors. 
  • des récits de voyage à la verticale. Un récit de voyage c’est une invitation à prendre le large, le regard d’un auteur sur une montagne… En accompagnant des auteurs sur des récits de voyage, on veut donner à penser. 

D’un autre côté on a des choses plus ludiques et pédagogique : 

  • un jeu de cartes sur les pathologies de montagne. 
  • des rando-enquêtes pour les plus jeunes. 

Question 2 : On avait rapidement abordé le facteur humain dans la vidéo sur le brief/debrief, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Le facteur humain est un sujet  inépuisable puisqu’il repose principalement sur la compréhension de la psychologie humaine. 

La raison première pour s’y intéresser c’est que beaucoup d’accidents en montagne sont dus à de mauvaises prises de décision et non pas à des risques objectifs. Donc comprendre les mécanismes psychologiques à l’œuvre dans nos prises de décision en montagne me semble essentiel. 

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Le premier axe d’amélioration, c’est de connaître les biais psychologiques dans lesquels on s’engouffre. Souvent c’est un mode de fonctionnement automatique du cerveau, une sorte d’élan naturel et spontané dont il faut prendre conscience. 

Question 3 : Quels sont-ils ces biais de l’inconscient ?

Les plus connus sont certainement ceux étudié par Ian McCammon. 

C’est un chercheur américain qui a étudié 700 cas de victime d’avalanche pour comprendre ce qui avait conduit à l’accident malgré la présence d’éléments objectifs pour faire demi-tour. Il a identifié 6 pièges de l’inconscient en montagne : 

> L’habitude. Au lieu de se creuser la tête pour imaginer à chaque fois ce qui est le plus approprié, on se comporte simplement comme on l’a fait auparavant pour une situation similaire. En fait c’est un moyen de prendre une décision sans effort, on se réfère à ce qu’on a toujours fait. -> a retenir : On a tendance à moins voir les risques objectifs en terrain familier.  

> L’obstination. Une fois que l’on a pris une décision initiale à propos de quelque chose, les décisions suivantes sont beaucoup plus faciles à prendre si on reste cohérent avec la première. -> votre cerveau fait tout pour que vos décisions soient cohérentes entre elles, ce qui biaise votre jugement. 

> Le désir de séduction. Le désir de séduction correspond à la tendance à s’engager dans une activité dont on pense qu’elle nous fera remarquer ou accepter par des personnes que l’on aime ou que l’on respecte. -> cf il a étudié qu’il y avait beaucoup plus d’accident dans les groupes mixtes. 

> L’aura de l’expert. le leader dégage une impression positive qui conduit le groupe à lui attribuer des compétences qu’il n’a peut-être pas. -> à retenir : En général, il apparaît que les groupes s’en sortent mieux quand ils utilisent des décisions consensuelles, que quand ils s’appuient sur un leader informel qui manque de compétences. 

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> Le positionnement social. quand une personne ou un groupe est confiant en ses compétences, il aura tendance à prendre davantage de risques en utilisant ces compétences quand d’autres personnes sont là, que s’il n’y avait personne pour l’observer. -> cf la manière dont les gens ski quand ils passent sous un télésiège ou des gens les regardent. 

> La sensation de rareté. Le mécanisme de la rareté est celui qui conduit à attribuer une valeur d’autant plus grande à une opportunité, que l’on risque de la perdre. -> Exemple :  Les habitués de la « fièvre de la poudre » après les grosses chutes de neige ont vu ce mécanisme en action, avec des prises de risques disproportionnées dans le seul but de faire la première trace. 

Solution: Parce que ces mécanismes marchent si bien, qu’ils permettent de prendre des décisions à moindre effort, et parce qu’on y a recours presque tout le temps, nous sommes peu préparés à nous méfier d’eux. Savoir les identifier reste la première étape et petit à petit ils s’intègrent aux formations, ça se démocratise. 

 

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